vendredi 1 novembre 2013

Paul McCartney – New



S’il y a bien quelque chose auquel je ne voulais pas trop de la part de Macca, c’est du nouveau. Son précédent album, entièrement Jazz était plutôt anecdotique et ne m'avait pas convaincu.
Et d’ailleurs ce n’est pas ce qu’on lui demande du nouveau, s’il pouvait nous ressortir un bon titre des Beatles ce serait sympa. Et bien non c’est New, on se retrouve avec quelque chose d’assez contemporain au final. C’est assez sensible sur tous les titres : la production n’est pas du tout datée.
Alors évidement l’intro de New fait tout de suite penser à Penny Lane, mais produit en 2013. On reconnait tout de suite la touche de Macca et son gout pour le music-hall, c’est bien fait et ça s’écoute tout seul, c’est pop quoi ! Et la chanson fini sur du doodoodoo très Beach Boys, drôle !
Aligator est très bonne aussi, dans un style assez classique post Beatles, disons Wings, de bons ponts (normal pour Polo), une bonne production finalement assez moderne (je crois que c’est le fils de George Martin aux manettes).
Early Days est super, on commence à sentir les limites de la voix de Macca, mais ça ne me gêne pas, au contraire, ça donne un peu plus de fragilité à la balade (encore plus présent sur la moins réussi Scared).
Looking at her et sa production hyper modern est assez addictive.
Il n’y a pas de mauvaise chanson dans cet album, même si certaine comme Appreciate ne sont pas super super. En tout cas on ne peut dire que Sir Paul ne prend pas de risque. Avec ce disque il ne reste pas sur ses acquis, il ne nous ressort pas un nouveau RAM( RAM de Paul McCartney pas Random Access Memories des Daft !). Peut-être un peu trop long, trop généreux, mais diablement sincère. Si les autres monuments de la pop pouvaient faire pareil au lieu de faire des Best of et des concerts de reformation pour « des œuvres caritatives ». En tout cas avec ce nouveau disque on se rend compte que Sir Paul en a encore sous le pied !

Sébastien Tellier - Confections



On savait Sébastien Tellier proche de Gainsbourg, et bien il continue dans la même veine avec cet album quasi instrumental, BO d’un film qui n’est pas sorti. C’est beau, c’est subtile et mélodique, très calme. On s’éloigne vraiment de My God Is Blue pour retourner vers une fragilité proche de La Ritournelle ou de L’Amour Et La Violence. Ça sonne incroyablement seventies (Le piano de L’Amour Naissant), et incroyablement jazzy avec ce touché de batterie et ce piano. Adieu, chanson d’ouverture et son chant d’église baroque montre bien cette rupture par rapport à My God Is Blue. Fini la bouffonnerie place au solennel. Rassurez-vous quelques guitares très « Vladimir Cosma » ou le piano plus que vintage de Waltz nous laisse entrevoir que le grand barbu ne s’est pas vraiment calmé. On se retrouve vraiment avec une BO, avec ses variations autour de thème : Adieu, Coco et l’Amour Naissant. Pour un album qualifié par l’auteur « d’intermède entre 2 albums » c’est plutôt bien fait !

Griefjoy – Griefjoy



J’attendais beaucoup cet album des Niçois anciennement Quadricolor, l’EP Touch Ground m’avait bien mis l’eau à la bouche. Il faut reconnaitre que cet année la pop française a le vent en poupe, sans parler de Daft Punk et Phoenix ; Aline, Lescop, Pendentif, Juveniles, Saint Michel, Kid Wise, Colour In The Street, We Were Evergreen, Coming Soon, et maintenant Griefjoy se défendent pas mal face à l’étranger. Une petite déception tout de même : je connais déjà 3 chansons provenant de l’EP, ce qui ne fait que 7 nouveautés. Mais 7 bonnes chansons. Le mélange pop classique et électro est toujours aussi intéressant, cela donne des mélanges savamment dosés (Taste Me, Feel ou Windswept), mais aussi des passages carrément bipolaires, entre pop douce piano/voix et envolées limite techno (People Screwed Up assez hallucinante dans le contraste pop planante/beat techno). Ce mélange est vraiment ce qui rend ce disque intéressant. Je vous le conseille vraiment.

Kelley Stolz – Double Exposure



Avec ce disque on repart à la plage, très Beach Boys en effet, mais aussi à la campagne, cueillir des champignons en compagnie non pas de Billy Ze Kick, mais de Syd Barrett et autres anglais psyché. C’est plutôt bien produit, assez planant. Down By The Sea est très Zombies dans le texte (et le piano surtout !), Storm sonne aussi très summer of love, avec une production top. D’autres chansons s’aventurent hors des sixties, comme par exemple Marcy, très inspirée. On y trouve de bonnes chansons mais on reste plombé par les 10 min d’Inside My Mind, assez dispensables. Au final pour les gens qui aiment par exemple Any Version Of Me, on se retrouve avec quelques chansons hommage du même type (on mieux produit, plus de moyens) mais l’album en entier est un peu dur à l’écoute, plombé par Inside My Mind (que ce passe t’il dedans) et Still Feel.

Golden Suits – Golden Suits



Voilà un disque pour les amoureux de la pop un peu folk, un peu middle ouest de Brooklyn des groupes comme Grizzly Bear. Bon évidement si je cite Grizzly Bear, c’est parce que les 2 se connaissent : Fred Nicolaus, auteur de cet album a joué avec Daniel Rossen de Grizzly Bear, sous le nom Department Of Eagles. On y trouve la même utilisation de la grosse caisse appuyée et des claps claps pour le coté rustique voir country, et une pop assez légère par-dessus, glockenspiel à l’appui. Il ne manque qu’une touche d’harmonica ou de sifflement de la mélodie. L’album est plutôt sympathique, la voix est très agréable, surtout quand elle est doublée. Ce n’est pas l’album de l’année mais par exemple Swimming in ’99 est très sympathique, dans le style Grizzly Bear / Edward Sharpe, You Can’t Make Your Mind Up et Wash It Away aussi. Pour ceux qui aime ce genre de pop entre Death Cab for Cutie, Grizzly Bear, Edward Sharpe and the Magnetic Zero et Local Native. Malheureusement en moins inspiré.

Dr Dog - B-Room



On commence très soul avec The Truth, Rythm and Blues avec le contretemps qu’il faut sur la guitare qui apporte même un côté très Rocksteady à l’ensemble. Ça donne envie de danser à deux, collé-serré en regardant le soleil se coucher sur la mer des caraïbes, les cieux couleurs de feu derrière les cocotiers. Un autre Daiquiri ? La suite est plus brusque, on se réveille, le quart d’heure américain est terminé ! Ça sonne plus classique pop, avec des emprunts Bob Dylan (Distant Light), un peu de power pop (Broken Heart), un peu de country réglementaire et son banjo pour faire anti folk (Phenomenon, qui pourrait être du Edward Sharpe). On rajoute quelques slow « coin du feu » (Two Weeks To Ramble), balade pop sixties (Twilight) et post Beatles disons 70’s (Nellie) et des chansons plus lo-fi (Long Way Down) et on se retrouve avec un album assez hétéroclite, mais assez agréable à l’écoute. On peut y sortir quelques bons titres : The Truth, Minding The Usher, Twilight.

Albert Hammond, Jr – AHJ



Cédant à la mode de mettre ses initiales comme titre d’album, voici l’EP d’Albert Hammond Jr. Et bien on peut dire qu’il est très agréable. Produit par le producteur habituel des Strokes, sorti sur le label de Julian. On peut dire que le résultat est très très Strokes, sauf le chant bien sûr. St Justice est excellente, le doublage des voix est assez sympa. Styrange Tidings rappelle plein de chose, le son de la guitare déjà, la rythmique d’Hard To Explain, le break de The End Has No End. Bref seule la voix moins grave. On enchaine sur Carnal Cruise, un peu plus dynamique, très sympa aussi. Rude Customer continue dans le Strokes like. Cooker Ship a dû être écrite pour être chantée par Casablancas.

Au final on se trouve avec un très bon EP qui me fait réfléchir sur les Strokes, pourquoi ne pas incorporer ces chansons dans un album du groupe ? Pourquoi doivent-elles être toute chantées par Julian ? Car vraiment il n’y a que le chant qui change ! Bon, j’exagère mais pas tant que ça, le style est franchement plus qu’avoisinant. Enfin après tout on s’en fiche, c’est bien, même si ça ne réinvente rien.