jeudi 10 novembre 2022

Phoenix – Alpha Zulu #phoenix


C’est toujours la même chose avec un nouvel album de Phoenix, on a toujours peur qu’ils se plantent. On avait eu très peur avec Ti Amo, mais c’était passé. Qu’en est-il avec cet Alpha Zulu ?
Retour à ce mois de juin et la sortie du premier titre Alpha Zulu qui ouvre ce nouvel album. J’avais pour ma part un peu peur, il faut l’admettre, ça ne m’avait pas super emballé. Pourtant le titre a tourné tout l’été. La faute à mes enfants de 7 et 10 ans qui sont littéralement ultra fans. Renseignement pris, je ne suis pas le seul parent dans cette situation, et je ne parle pas que des membres de l’egroup rock4ever (salut les gars) déjà acquis à la cause ! Et vous savez quoi ? Malgré une écoute intensive, le titre passe toujours bien. La preuve qu’il ne fallait peut-être pas s’en faire. 
Les doutes étaient totalement dissipés avec la sortie de Tonight en septembre (le 8, pour mon anniversaire) en duo avec Ezra Koenig de Vampire Weekend. Des guitares, un style plus réconfortant, on était bien ! On n’avait rien entendu d’aussi bien depuis Liztomania.
Puis en octobre, Winter Solstice, tout en synthé, a confirmé le tout.

Et donc nous voilà vendredi dernier : la sortie de l’album. Comme toujours pour Phoenix, on a 10 titres, 5 par face, 35 minutes. A plus ou moins 2 minutes, c’est pareil sur chaque album.
Et encore une fois, on est surpris de la pertinence du son, ils ont encore réussi à faire du nouveau tout en restant eux-mêmes. Car quel que soit le titre de cet album on sait qu’on écoute du Phoenix. Il y a bien sur la voix de Thomas Mars, son phrasé si particulier, ses bégaiements volontaires, les quelques mots en français qui viennent caresser l’oreille, mais il y a le style Phoenix : les guitares, les synthés aux sonorités connues. Même si la production est plus synthétique, certain diront plus eighties. Eighties ? Le nom est un peu galvaudé, on a fait plus de « son eighties » cette dernière décennie que dans les années 80….
Parlons un peu de la production avant de s’attarder sur les titres. La mort de Philippe Zdar se fait-elle sentir ? Oui, je trouve un peu. Même si Thomas Bangalter (1/2 Daft Punk) a repris le rôle 2 ou 3 après midi, je me demande si certaines idées seraient passées avec Zdar. On retrouve quelques sons lourds période Wolfgang et des boucles très très Bankrupt (sur The Only one ou After Midnight)
A la première écoute, ce qui « choque » c’est l’omniprésence de boite à rythme à la place d’une batterie plus organique. On le sait Phoenix n’a pas de batteur « officiel », mais quand même, Thomas Hedlund, leur « batteur de concert » est là depuis toujours (et il assure tellement). On peut mettre ça sur le compte de la pandémie, mais c’est un peu dommage (à mon avis). 

Malgré ce petit bémol le tout fonctionne parfaitement grâce aux titres fabuleux. Car les 10 titres sont tous intéressants, près pour un « track by track » ?

Alpha Zulu : Un peu à part avec ces voix synthétisées et ces « Whoo Haa Alléluia ». C’est la coqueluche des jeunes. Et vous savez quoi ? Elle est quand même pas mal du tout !

Tonight : ça sonne bien comme du Phoenix, avec une belle ligne de basse, des guitares, le bégaiement de Thomas dès le début. On comprend pourquoi ils ont pensé à Ezra Koenig comme featuring sur ce titre, la rythmique chaloupée est parfaite pour du Vampire Weekend. Un très grand titre qui colle la banane et fait bouger.

The Only One : Plus synthétique, emportée par une boite à rythme avec effet woodblock (merci Loac pour la précision technique de l’effet), elle n’aurait pas dépareillé sur Bankrupt après un SOS in Bel Air. Les claviers sentent la French Touch, mais plus du côté de Martin Solveig ou David Guetta à leur meilleur.

After Midnight : c’est le nouveau single, lancé avec une esthétique eighties, urbaine et japonaise (un coupé des années 80 à plein ballon dans Tokyo). En gros, un bon générique de K2000. Elle fait mouche, le titre est assez prenant, même si je trouve qu’elle manque un peu de diversité rythmique.

Winter Solstice : Plus calme, c’est censé être la chanson de fin de face A, comme Love Like a Sunset ou Bankrupt en sommme. Portée par des synthés lourds et des guitares cristallines, la voix de Thomas laisse trainer sa mélancolie. C’est beau. Point barre.

Season 2 : Un petit titre feel good, entrainant, qui sent bon la chaleur et l’été. Dommage qu’on soit en novembre. En tout cas c’est super sympa et on accroche tout de suite à la mélodie et la production à tendance Talking Head période This Must Be the Place. Pour peu on se lancerait dans une chorégraphie à la macarena.

Artefact : Ma préférée de l’album ! Du pur Phoenix dans les guitares, un refrain qu’on a envie de reprendre, de la profondeur dans le son de batterie, ça ne peut pas être qu’une boite à rythme là et je ne serais pas étonné que la moitié de Daft Punk soit derrière ce son. Rajoutez à ça des claviers marrants, et paf un « tube ».

All Eyes on Me : Pour ma part la plus faible de l’album. Avec une ambiance aussi très eighties tendance K2000, les modulations Moderer défilent avant les grosses nappes synthétiques. Ce n’est pas vraiment l’instru le problème mais plus un petit manque mélodique.

My Elixir : on continue avec une balade plus calme, portée par une boite à rythme mise en avant comme a pu le faire Julian Casablanca sur la BO de Somewhere. C’est doux, inspiré et vraiment super.

Identical : Alors ce n’est pas une nouveauté, car ça fait maintenant 2 ans que le titre est dans ma playlist. Mais là il est un peu remasterisé et rallongé de 2 minutes. La rythmique est toujours bien présente, le chant divague un peu plus, les synthés sont dans le pure style Wolfgang, comme les ponts qu’on croirait tout droit sortis de Rome ou d’Armistice. J’étais un peu déçu de ne pas avoir un nouveau titre, mais il faut avouer qu’il est bien.

35 minutes ça passe vite en fait, on repasse sur la face A ?
Ah non j’oubliais : le vinyle ne sort qu’en janvier, j’avoue j’ai du mal à comprendre la stratégie commerciale…

En tout cas ces 35 minutes m’ont sérieusement rassuré : Phoenix est toujours le plus grand groupe de rock français du monde !


lundi 7 novembre 2022

Arctic Monkeys – The Car #articmonkeys #alexturner




Pour mon plus grand bonheur, Alex Turner et ses Arctic Monkeys n’ont pas prévu de retour en arrière avec leur dernier album. Ceux qui n’ont pas aimé le virage pris avec Tranquility Base Hotel + Casino peuvent passer leur chemin. Les autres vont adorer le nouvel album du groupe.
On croise tout au long de cet album des sonorités seventies : du Burt Bachara bien sûr avec toutes ces cordes qui s’accordent avec la voix de crooner, une ambiance gainsbourienne période initial BB (les cordes et les percus de Hello You), des guitares glam, un solo estampillé George Harrisson sur Body Paint ou Big Idea, un autre solo plus David Guilmour période Animals sur The Car pour ne pas faire de jaloux, des guitares funky et soul qui n’aurais pas dépareillées sur un disque de Curtis Mayfield (I Ain’t Quite Where I Think I Am, Jet Skis On The Moat), de la musique de film, entre Etienne de Roubaix et Ennio Morricone période post western (The Car ou la partie instru de Big Ideas), et bien entendu ce côté Bowie qui plane sur tout l’album.
Et il y a aussi Sculptures Of Anything Goes, à la production synthétique et au phrasé plus vu sur leur usine à tube AM que dans les nouvelles livraisons. Un titre qui prend le partie de ne pas décoller là où l’attend. Du grand art.

La production est chaude, analogique, les silences profonds, ce qui rend l’écoute du vinyle encore plus enrichissante (en plus il est vraiment ben pressé).

Encore une fois les textes alambiqués font mouche et on retrouve le sens de la formule propre à Alex Turner : on fait du Jetski dans les Douves (Jet Ski on the Moat, They shot it all in CinemaScope), un film lego sur Napoleon sous hélium (Lego Napoleon movie, Written in noble gas-filled glass tubes), on chante en espagnol dans un show télé italien et il faut être absolument sûr qu’il y ait une boule à facette. Et oui pardi, il faut toujours une boule à facette !
Même si l’album est globalement homogène et bon de bout en bout, un titre explose et sort vraiment du lot : Body Paint est pour moi la meilleure chanson d’Alex Turner, tout groupe/projet mis ensemble.

On dit souvent d’un album d’un groupe établie que « c’est un bon retour », mais là je crois qu’ils sont partis beaucoup trop loin pour pouvoir revenir, après la lune et la base de la tranquillité, ils mettent maintenant le cap sur Mars pour voir s’il n’y a pas de la vie là-bas…

jeudi 20 octobre 2022

Whitney – SPARK #whitney




C’EST LA MODE D’ECRIRE EN MAJUSCULE OU QUOI ?
Après Bon Iver qui écrit en Wingdings (la police avec des symboles partout), Parcels qui oublie les espaces, c’est Whitney qui se prend au jeu des titres chelous en mettant tout en majuscule. J’ai vraiment peur du revival du Comic Sans MS…
Allez, ce n’est pas grave, on écoute tranquillement. De toute façon, c’est dur de faire autrement avec Whitney.
Et on se dit que quelque chose a changé. C’est un peu plus synthétique, plus pop. La voix est la même mais le traitement et la production est différente. Ça doit avoir un lien avec la nouvelle teinture du chanteur.
On quitte l’indie folk traditionnelle des ex Smith Western pour une production plus luxuriante et moins éthéré. Le synthé côtoie des rythmes presque hip hop (en tout bien tout honneur rassurez-vous, c’est léger ! On se place sur un dosage du style des derniers Dirty Projectors)
Certains seront surement surpris, trouveront cela moins spontané, moins authentique, mais moi ça me va bien ce virage plus pop et plus produit, et ça s’accorde bien avec la voix haute de Julian Ehrlich. 

Le mieux c’est que vous vous fassiez votre propre idée !

Death Cab For Cutie – Asphalt Meadow #deathcabforcutie



Au chapitre des grands retours de 2022, voici Death Cab. Alors bien sûr, il y a eu quelques départs au sein du groupe, mais Death Cab reste Death Cab, grâce à la voix de Ben Gibbard bien sûr. C’est elle qui comme d’habitude emporte tout.
C’est un retour en force, avec de la fébrilité, de l’urgence et du punch sur le début de l’album. On essaie de repuiser l’énergie des débuts, sans avoir peur de la distorsion, en reprenant la formule magique : un couplet calme et de la disto pour le refrain. C’est du moins comme ça que démarre cet album. Et c’est plutôt bien. Avec le 3ème titre on se calme un peu. Why not.
Alors, tout n’est pas parfait, mais on y trouve des petits bijoux comme Here to Forever ou Pepper mais il manque globalement de mélodies qui accrochent le tout. C’est bien, pas totalement wahou.
Il est clair que les 2 précédents albums n’étaient pas à la hauteur, ici on se place plus dans la succession de Codes and Keys, en un peu plus pantouflard. On est clairement en droit d’en attendre plus de la part de Death Cab. Même là, il y a de bonne chose, mais il manque un petit plus à chaque fois pour que ça décolle. Un peu comme le dernier album de National, tient.

Alors vue que c’est Death Cab, on ne peut pas trop leur en vouloir et on écoute quand même.


vendredi 14 octobre 2022

Broken Bells - Into The Blue #brokenbells #shins #dangermouse



C’est le grand retour de Broken Bells, James Mercer (the Shins) et Danger Mouse remettent le couvert pour un troisième album. On ne les attendait plus forcément ensemble : After the Disco date de 2014 et James Mercer se débrouille bien tout seul avec les Shins, en nous sortant un album ou un titre de temps en temps. Quant à Danger Mouse, il était pas mal occupé ces derniers temps entre ces innombrables productions (un futur Portugual. THe Man?) et un album hip hop !
Ils nous reviennent donc comme si de rien n’était : toujours ce côté 70’s entre Motown, les Beatles et un peu de Pink Floyd (Danger Mouse a trop trainé avec Michael Kiwanuka) une basse bien présente, très Danger Mouse, des chœurs, des solos de guitare (en 2022 !) et bien sûr la voix de James Mercer, toujours autant à l’aise. 
C’est léger, atmosphérique, légèrement mélancolique. Les influences sont plus digérées, le rendu parait plus propre.
Ces 9 titres vont parfaitement remplir nos playlists de cette fin d’année.
Parfait pour faire passer l’arrivée de l’automne et attendre la sortie du prochain Arctic Monkeys qui sera surement la claque de l’année…

Christian Lee Hutson - Quitters #christianleehutson




Christian Lee Hutson était l’une de mes découvertes de cette année 2020 si particulière. Un songwritter précieux lorgnant vers Elliott Smith ou Sufjan Stevens (en plus gai). Un bon complément à JE Sunde. Son premier album Beginners était parfaitement folk, sensible, dépouillé. On avait peur de l’album isolé, façon Avi Buffalo.
Et paf, un deuxième album parfait. De l’indie folk comme on l’aime, dépouillé mais pas trop. Car ce qui frappe dans ce second album c’est l’ampleur que tout cela prend, les arrangements sont là : des cordes, de la batterie, des doublements de voix, des chœurs, une boite à rythme, des guitares jazzy. On sort du garage mais en gardant ce côté toujours touchant.
On se permet quelques titres up tempo comme la parfaitement pop Rubberneckers qui aurait surement bien plu à Eliott Smith. Je pense que Ben Gibbard (Death Cab) doit aussi y être sensible !
Alors je suis un peu à la bourre, l’album étant sorti en avril, mais je l’ai beaucoup écouté cet été bien que ce soit précisément maintenant, à l’automne, qu’il donnera toute sa puissance !

Qu’est-ce que vous attendez ? Qu’il refasse beau ?



jeudi 7 juillet 2022

Peach Pit - 2to 3 #peachpit

 


Voici une petite pépite découverte par Alice et Guigui : Peach Pit. Même si on reste dans les fruits, ça n’a rien à voir avec Passion Pit.
Peach Pit, ce sont 4 canadiens qui dont de la pop gentiment ensoleillé. A classer dans la case Whitney, Real Estate ou Golden Suits. C’est très bien, frais, pop, des fois country, très recommandable. Parfait pour l’été qui arrive !

Voici quelques clips du groupe, ça sent le Canada, les grands espaces, les feux de camps, les virées en voiture.