Mea Culpa, je ne connaissais pas Loney Dear, ou plutôt Emil Svanängen avant cet album, il va falloir que je me rattrape !
Si vous ne connaissez pas vous non plus, Loney Dear est un « groupe » nordique de pop, suédois si je ne m’abuse. Il partage d’ailleurs ses musiciens avec I’m From Barcelona (vue le nombre ils peuvent).
Et on peut dire que cet album est un petit bijou. Un bijou de pop de studio, dans la lignée des classiques Beatles ou Beach Boys (peut être pas autant, mais l'intention est là). Un ovni venant du froid.
Magnifiquement produit et regorgeant de moments magnifiques. Rien que Lilies, classique instantané qui convoque Beatles, Beach Boys, Elton John et surtout Jeff Buckley (merci Anne) dans la même chanson mais aussi Sum très bon titre avec ses claviers et basses synthétiques parfaites ou les balades aussi synthétiques Hulls et Isn’t It You valent le déplacement. Le reste de l’album n’est pas en reste et propose des titres plutôt sympathiques (There Are Severals Albert Here, Dark Light) mais surtout une unité.
Pour résumer un bien bel album qu’il faut faire connaitre !
Et pour s'en convaincre, écoutez Lilies tout de suite.
Bon alors évidemment en tant que passionné de planeur j’ai tout de suite craqué sur la pochette, un K13 en plus (il me faut le vinyle rien que pour ça !). Mais il n’y a pas que ça. Je suis Petit Fantôme depuis longtemps, on l’a déjà vu 2 fois en concert (en première partie de Arctic Monkeys, et pendant un concert plus que mémorable de François & the Atlas Mountains), on a un peu parlé avec lui à la fin des concerts, galéré pour trouver un stylo pour dédicacer sa mixtape. Bref on était déjà attentif.
D’ailleurs, aux dernières nouvelles, Pierre « Peyo » Loustaunau n’est plus tout à fait avec François and the Atlas Mountains et se consacre entièrement à son projet solo Petit Fantôme. De toute façon, après les avoir vu en concert on avait compris que c’était compliqué la répartition dans les différents groupes…
Après plusieurs mixtapes (la dernière, on pouvait plutôt dire que c’était un EP, plutôt bien structuré), voici enfin le premier album. Niveau style on a toujours cette voix aérienne et aigue, façon Tame Impala et ce chant en français. On a toujours quelques synthés un peu cheap avec des bruits de Nintendo. Mais ce qu’on a en plus c’est cette guitare beaucoup plus saturée, un peu low fi très shoegaze. Le mélange est assez marrant et rend la chose un peu unique. Sortir un titre de l’album est un exercice un peu compliqué, il s’écoute plus volontairement en entier pour y dévoiler une ambiance, cotonneuse mais un peu rugueuse mais surtout très désenchantée, notamment à cause des paroles, façon mantra comme « Elle sublimera sa vie mais son corps s’abimera peut être encore » ou encore « je t'ai attendu toute ma vie, et te voilà, maintenant, je dois t'oublier ».
Bref, voici un très bon album, qui regorge de bonnes idées et de belles mélodies, un vrai coup de cœur.
Cela fait maintenant plus de 10 ans que les belges de Girls in Hawaii sont là pour représenter fièrement la pop belge (la concurrence n’est pas hyper rude, mais quand même). Leur ambition a toujours été de s’orienter vers Radiohead. Et à chaque album on peut dire qu’ils s’en rapprochent. Le dernier album était marqué par le deuil et proposait donc peu de lumière, celui-là même s’il se nomme Nocturne fait rentrer un peu la lumière de la lune. Tout d’abord en laissant entrer un peu d’électro dans leur production. Pourtant ça commence plutôt classiquement avec le très cinématographique This Light, plutôt aérien et bien écrit. On enchaine avec Guinea Pig qui hormis son ouverture vocodée est aussi plutôt classique. On poursuit sur du Radiohead pur jus avec les couplets de Cyclo, aussi très classique dans l’instru, même si les claviers entre doucement. Mais petit à petit les boucles s’invitent à la fête jusqu’à proposer avec Walk un titre entièrement électro plutôt bien fait. On pourrait se focaliser sur cette entrée de machines mais ce serait faire fausse route. Les claviers ne sont pas une fin en soi, les chansons marchent d’elles-mêmes avec ou sans clavier. L’album est plutôt agréable, doux et homogène, à tel point qu’il est difficile d’en sortir un tube potentiel. Après plusieurs écoutes, Walk apparait comme une évidence, Guinea Pig, Cyclo et This Light aussi, Blue Shape et sa rythmique hip hop presque trop légère compte tenu du sujet passe bien, tout comme Up On The Hill qui conclut l’album dans le calme.
Girls in Hawaii continue donc sa route, sans trop de prétention mais avec sérieux.
Rostam Batmanglij, ça ne vous dit rien ? Bon évidement une fois que vous aurez écouté cet album vous allez tout de suite deviner d’où sort cet artiste. C’est l’ancien cofondateur, claviériste et producteur de Vampire Weekend. Et ça s’entend. D’ailleurs maintenant que j’y pense ça me fait très peur pour la suite de Vampire Weekend…
Mais revenons à Rostam, et à cet album Half-Light, qui est donc très Vampire Weekend : Pop, sautillant, friand d’ouverture de production et de nouveaux sons, d’imports caribéens et de mélancolie au chant. J’accroche direct ! Vous me direz donc, mais c’est l’album de l’année !
Oui et non. Premièrement parce que tout l’album n’est pas bon et aurait sérieusement mérité d’être étayé de tous les titres dispensables : I Hold You son vocoder et son RnB, Don’t Let It Get To You et sa batucada qui va trop loin, When et ses effets fatiguants, bon aussi je n’adhère pas du tout à la musique indienne de Wood. Déjà que j’ai du mal quand c’est George Harrisson qui le fait, et Dieu sait que j’aime Georgio… Après si on fait son marché et qu’on ne choisit que 7/8 titres sur les 15 on a quelque chose d’absolument génial (OK c’est un avis hyper personnel, et je suis un fan de Vampire Weekend). Summer ouvre magnifiquement l’album avec des clochettes très noël et très Beach Boys, Bike Dreams très pop et sautillante, est une pop song parfaite, Half-Light est l’un de mes coups de cœur de l’année, une magnifique balade traitée de façon moderne, Rudy décompose et réinvente le rocksteady à la perfection en le replaçant en Californie, Thatch Snow est une balade magnifique, Never Going To Catch Me et Will See You Again sont dans la même veine même si moins marquantes.
Allez, je me remets Half-Light !
Et si l’un des meilleurs albums de l’année avait déjà plus de 40 ans?
Ce mois-ci un petit miracle archéologique vient de se produire : l’exhumation de Hitchhiker, un album de Neil Young enregistré en 1976 et jamais sorti. Ce n’est pas vraiment les titres qui sont nouveaux, la plupart se sont retrouvés sur de futurs albums, c’est leurs versions, ultra folk, dépouillées, guitare voix, magnifiques et incarnées. Bref dans un style Harvest, avant le changement plus électrique qui donnera les versions suivantes de Pocahontas, Powderfdinger, Human Highway ou Hichhiker.
Cet album dépouillé, avec juste la voix magnifique de Neil Young, une guitare, un harmonica et un piano et surtout des titres exceptionnels, nous rappelle comment Neil était et est toujours d’ailleurs (même si Monsento lui monte un peu à la tête) un magicien.
Bref, écoutez l’album et bienvenue à Malibu en aout 1976, dans le studio pour la nuit avec Neil. En toute intimité.
Cucurucu avait été estampillé tube de l’été 2014 par mon beau-père. Sa définition du tube de l’été n’est pas vraiment la même que celle de FUN Radio ou Virgin Radio, mais moi je préfère la sienne. On y trouve des groupes forcément pas connus comme Beautiful South, des gars comme Max Jury aussi. Bon des fois il y a des gens connu aussi, mais ce n’est pas le critère. Bref Nick Mulvey avait placé un titre de son premier album dans le très prisé classement de Jacques. Très prisé de ceux qui connaissent (et qui d’ailleurs lisent tous mon blog !).
Après 3 ans d’absence et de silence, voilà le bon vieux Nick de retour. Le silence, on le comprend après l’avoir vu sur scène s’excuser mille fois d’être là. Du genre timide le Nick. Cette fois il s’est gouré sur le timing et sort son album après l’été, dommage pour le classement Jacques, car il est encore plus ensoleillé que le précédent.
Son folk se nourrit de plus en plus d’influences africaines et sud-américaines qu’on entrapercevait déjà sur le précédent. Du coup l’album est beaucoup plus solaire, et surement beaucoup plus facile d’accès. Je lui promets d’ailleurs un bon succès. Evidemment, après cette définition, on pourrait le classer en digne successeur de Paul Simon. C’est pas faut, mais pas tout à fait vrai non plus…
L’album commence par Unconditional, très dans l’idée de rééditer le coup de Cucurucu ; Mais comme le temps a passé et que l’intention est là, le morceau parait malgré tout nouveau et très frais, il y a des cuivres latins, des chœurs d’Afrique de l’Ouest, une rythmique laid back, la guitare et le chant folk. Ça fonctionne super bien en plus. Dans le même genre, Mountain To Move prolonge l’idée. L’abum oscille allégrement entre emprunt world et surtout africain et folk plus mainstream. On notera Remembering pour l’extrême world, très afro et très bien. On notera in Your Hand pour l’extrême mainstream, tendance Eagle Eye Cherry (je ne sais toujours pas si cette phrase est un compliment ou une insulte, j’ai une relation compliquée avec cette période de ma vie !). C’est parfois dans la même chanson que le twist se fait, comme sur Myela qui twist au milieu entre un folk plaintif plutôt classique et un afro beat très dansant. Je suis aussi sous le charme de Imogen, très folk, voir un peu soul, plutôt intéressante et surtout de l’intermède Lullaby, 1min16 de grâce.
A défaut d’accompagner l’été, laissons cet album illuminer l’automne qui se fait pressant de l’autre côté du carreau.
J’ai découvert The National sur le tard, avec leur dernier album en fait. Fireproof reste d’ailleurs pour moi une référence de chanson pop folk parfaite. C’est donc plutôt intéressé que je guettais l’arrivée de cet album. Hasard du calendrier, il sort au même moment que le dernier Grizzly Bear, un autre monument de l’indie pop US à tendance cognitive.
Quand on pense à The National, on pense tout de suite à la voix de Matt Berninger, très grave, plutôt classieuse, voire hypnotique. On pense aussi à un rock plutôt classe, tout en fragilité et réminiscence smithienne. Bref je me demandais si le groupe phare de l’indie pop américaine allait rééditer l’exploit, voire proposer quelque chose de nouveau et de plus grandiose. Le super single The System Only Dreams in Total Darkness, envoyé en éclaireur avant l’été avait aussi largement attisé l’impatience.
Aller hop on écoute ! On commence avec Nobody else Wil Be There, une très belle chanson, au piano, assez fine, élégante, une petite boite à rythme, rien de très nouveau mais c’est magnifique ! Ultra classe. Mais le château s’est un peu écroulé avec Day I Die, pas mauvaise, mais trop datée, on a l’impression de réécouter un album du début 2000, ça passe mais c’est très peu inspiré. Walk It Back essaie de faire rentrer un peu d’électro sur la voix encore plus grave que d’habitude de Matt, c’est pas mal du tout il faut l’admettre, mais toujours pas au niveau de The System Only Dreams in Total Darkness qui arrive ensuite. Born to Beg réédite l’ajout appuyé d’électro, avec un piano. C’est également un bon titre. Par contre, si on enlève Dark Side Of Gym plutôt bien faite, je suis peu séduit par la fin de l’album : Turtleneck très rock ne me galvanise pas, I’ll Still Destroy You et son final à la batterie plutôt conceptuel non plus, Sleep Well Beast ne décolle jamais et les autres sont plus passe-partout sans être mauvaises.
Je me suis retrouvé un peu déçu avec cet album, surtout sa fin. Qu’on ne se méprenne pas, l’album est bon, mais je m’attendais à mieux, du moins pour certains titres, je m’attendais surtout à plus de nouveauté, ce qui n’est vraiment pas le cas. Et oui, il ne suffit pas de rajouter 2 3 boucles électro pour faire moderne.
Pour conclure, Sleep Well Beast est un album classique, tendance début 2000, mais un assez bon album classique.