Un an après le fabuleusement Gainsbourien Prince Of Tears, Baxter Dury revient. Car même s’il y a 3 noms, c’est Baxter Dury qui ressort. Les compositions ressemblent à ce qu’il fait habituellement, ponctuées par son phrasé et son chant bancal, son accent cockney, mais boosté à l’électro classieuse d’Etienne de Crecy et hanté par la voix de Delilah Holliday (que je ne connais pas mais qui d’habitude se la joue plus rock). C’est classe, entrainant, charmant, envoutant, bancal. Du pur Baxter, avec des chœurs féminins que ce soit pour des titres plus chantés (Walk Away) ou parlés (la géniale Tais-toi, Only My Honesty Matters) on trouve même un simili tube (White Coat et son piano très amicalement vôtre).
Décidément la pop Française commence à sérieusement se défendre, et dans d’autres styles que l’électro pop / rock tendance Phoenix. On peut maintenant compter sur une folk pop subtile et mélancolique de qualité, tournée vers les Etats Unis. Il y a eu Baden Baden (tiens, ils en sont où ?), il y a Cocoon et plus récemment Sage, O ou Julien Barbagallo.
Derrière The Last Detail il y a Erin Moran (A Girl Called Eddy) et Mehdi Zannad (Fugu). Ils se sont entourés d’un backing band un peu all stars de la pop française : Xavier Boyer et Pedro Resende (Tahiti 80), Olivier Marguerit (alias O) et Julien Barbagallo (Tame Impala). Ça ne peut que bien rendre et c’est le cas. Ils n’ont pas peur de mixer les voix (féminines et masculines), les influences (américaines et anglaises), les époques. Le disque ressemble à un best of de la musique pop des 50 dernières années : de Neil Young aux Shins, des Beatles à Elton John, de Love à Coldplay début 2000, de Burt Bacharach à Sufjan Stevens, de David Bowie à Kings Of Convenience.
Il est dur de sortir un titre de cet album qui est de qualité assez égale, en songwriting et en production. You’re Not Mine est génialement lazy et n’aurait pas dépareillé sur le dernier Cocoon, Take My Hand nous emmène dans le middle west avec de la country folk, Talk to Me nous emmène à Berlin avec David Bowie, Die Cast dans le Mexique de Love.
Une superbe douceur, lumineuse et légèrement mélancolique, un disque indispensable à écouter bien au chaud en regardant les rayons de soleil cru de l’hiver.
Voici le deuxième album d’un des 2 frères Omori ex-leaders des très sous-estimés Smith Westerns. Leur dernier album Soft Will reste d’ailleurs un chef d’œuvre.
Mais revenons à Cullen, son premier album paru il y a 2 ans était bien, bien qu’inégal, mais cela faisait plaisir de retrouver cette voix et ce style pop parfait, du moins pour une poignée de titres (Two Kinds, Hey Girl superbes).
On peut trouver Misery le précédent album un peu énervé et un peu brouillon, autant que celui-là est joyeux, lumineux et apaisé.
Solaire, avec guitares cristallines en avant. Normal, il a quitté Chicago et habite maintenant Los Angeles. Je pense que Cullen a bien écouté All Things Must Pass ces derniers temps. L’inspiration Harrisson plane sur tout l’album, quand il ne convie pas le fantôme de John Lennon comme sur Master Eyes. Cela donne un style très pop 70’s, appuyé par la production du même acabit. Et c’est cette production plus digeste, moins saturée, plus aéré qui rend la chose plus facile, les mélodies et la super diction de Cullen si touchante. Que ce soit sur les ballades All By Yourself, Black Rainbow, Natural Woman, Queen, la plus saturée Master Eyes ou le classique immédiat Four Years.
Pour conclure, voici (encore) un super album de pop qui fait du bien !
Et si Dent May avait piqué la guitare de Mac Demarco avec ses pédales et qu’il se lançait à jouer avec Kakkmaddafakka et Erlend Oye ? Et bien ça donnerait cet EP. Une guitare déglinguée, de la sunshine pop de norvégien, un coté californien, un peu de nonchalance, des paroles tristes et des titres enjoués et voici 6 super titres très dansant comme Feeling Lonely ou Losing You, plus downtempo come Sick Feeling ou T-Shirt (où il montre qu’en plus il chante bien). Une très bonne surprise, ça réchauffe un peu en ces temps d’automne.
Je suis complétement passé à côté de Flavien Berger et de son premier album. Ce n’est pas une raison pour laisser filer celui-là, parait-il plus accessible.
Pourtant c’est un album très expérimental, électro, pop, bourré de trouvailles et de sonorités. C’est planant, électro, barré, mais aussi très pop, limite variété française. En fait cet album est un patchwork, un collage divers d’enregistrements pris sur le vif, de sensations, de bouts de phrases, d’idées, de couleurs, de motifs électro, de ritournelles pop, de prog, de messages abscons et profonds. Ça peut dérouter, on peut trouver ça loufoque, mais c’est impressionnant de maîtrise et de trouvailles.
Un peu inclassable mais très bon, du début à la fin, sans aucune baisse de régime. Le renouveau de la pop française à son paroxysme !
J’avais trouvé très intéressant le premier album de Jungle surtout dans les chansons minimalistes comme Platoon ou surtout Drops, ou on ressentait la house derrière l’emballage soul/RnB mais sans trop en faire. Tout dans la retenue à la manière de the XX. Les autres titres plus connus comme Easy Earning bien qu’objectivement bon ne m’avaient moins touché. C’est un peu mon sentiment global de ce nouvel album : c’est bien fait, mais ça ne me transcende pas. La production est un peu plus ample, on se rapproche de Justice sur l’intention, surtout au début comme sur la très dansante Heavy, California qui doit sacrément envoyer en soirée (et je ne parle pas d’en live !). Bien qu’il y ait des moments plus fins, un peu de clavier eighties tendance Metronomy sur Casio, de la soul façon Gnarls Barkley sur Happy Man et des chansons mid tempo plus intéressantes comme Cherry, il me reste quand même un sentiment de trop produit qui m’embête un peu.
Peut-être que si je n’avais pas autant écouté Drops, je ne m’en serais pas rendu compte.
On peut dire que je l’aurais attendu cet album. J’ai tout de suite été emballé par Parcels, par son EP Hideout, par Overnight et sa colab avec Daft Punk. L’album est là, ce n’est pas vraiment une surprise pour la plupart des titres, mais plutôt une confirmation. Le style électro funky cher au duo casqué du dernier album Random Access Memory est bien représenté, on avait d’ailleurs déjà eu un aperçu avec Lightenup (qui se retrouve augmenté de Comedown, 2 chansons qui se suivent et partagent la même instru) et Tieduprightnow sorties en éclaireur. On peut même dire que l’album (presque) entier est dans ce style : basse très présente, cocotte nielsrogersienne, électro discrète, pedale wah wah, synthé vintage. Mais ce qui diffère c’est les voix, non trafiquées, des harmonies vocales très belles et légèrement sixties, disons beach boysiennes. Et c’est sur ce point précis que Parcels tire admirablement bien son épingle du jeu et propose quelque chose de plutôt charmant, doux. Pour exemple les 2 magnifiques balades, sans cocotte, sans artifice que sont Bemyself (regardez la version a capella ou presque sur Arte.tv) et surtout Yourfault, belle à pleurer.
En tout cas Parcels ne se refuse rien, titres enchainés sur la même rythmique entêtante (Comedown puis Lightenup), flutiau (Lightenup), balade (Yourfault et Bemyself), divagation électro-prog hors format pop (Everyday), boite à rythme minimaliste limite strokes (Tape), intro de 2 minutes (IknowhowIfeel tellement Random Access Memory), titre de conclusion pour les Credits, pour un premier album c’est couillu.
Parcels confirme la direction prise depuis Overnight avec un coté plus électro disco funk et des titres ultra catchy mais ils laissent aussi entrevoir la suite en proposant de belles balades, moins dansante.
Le seul défaut de l’album ? D’être sorti après les vacances, même si pour ma part Tieduprightnow a tourné tout l’été !
Il parait que ça envoie en concert, je les vois vendredi, je vous dirai !
et en bonus, la version a capela de bemyself
Et une reprise funky d'Every Night de Paul McCartney, parce qu'ils ont du goût.