jeudi 12 juillet 2018

Ari Roar - Calm Down #ariroar


Vous aimez vous la couler douce en tongs ou en Van’s trouées, une bière ou un verre de rosé à la main, peinards, pendant que les saucisses cuisent ? Ari Roar est là pour vous offrir la bande son qui va avec. 
Très Low Fi, très branleur, très laid back, très cool, mais aussi hyper mélodique, efficace. 

On pense bien sûr à Marc DeMarco, mais aussi à Dent May (en moins produit) ou même Elliott Smith quand ce n’est pas d’autres illustres inspirations 60’s californiennes ou anglaises. Avec 15 titres dont le plus long fait 2min20, Ari fait dans l’efficace et ça marche ; l’album s’écoute en entier et distille sa nonchalance bienvenue. 

Parfaite bande son de l’été qui est déjà là, Ari Roar se déguste au soleil et fait du bien.

Gorillaz – The Now Now #gorillaz



J’ai cordialement détesté le dernier Gorillaz. J’ai beau essayé de me soigner, j’ai vraiment du mal avec le rap, et sur les 20 titres d’Humanz, je ne suis pas sûr d’avoir accroché à plus de 2 titres. Je n’étais donc pas dans l’excitation de l’attente de ce nouvel album tout juste 1 an après le précédent. 

Grave erreur, celui-là est fait pour moi. Débarrassé d’un grand nombre de featuring, cet album est plus Damon Albarn, plus proche d’Everyday Robots que de Humanz. Et c’est tant mieux. Moins urbain, plus pop, plus mélancolique, plus soul, plus funky et très laid back. 

Magic City, légèrement reggae, electro pop à souhait, a été composée pour moi. Les ballades Idaho ou Kansas, sont très plaisantes dans un style très apaisé. Tout comme Souk Eye et son fond bossa, vraiment sympa. Il y a aussi le single Humility un titre très…vacances. On pense à 10cc, a de la soul 80, Tears for Fears, tout ça. C’est bien fait, sympa. Tranz est aussi intéressante, très 80’s, très électro-pop et très Suffragette City en fait ! Même Hollywood, featuring Snoop Dog et Jamie Principle m’enchante, c’est dire. 

Sans être l’album de l’année, ce nouvel album me réconcilie avec Gorillaz ! Vraiment plaisant.


mercredi 27 juin 2018

Sage - Paint Myself #sage



Attention à écouter d’urgence !

Ça faisait longtemps que je n’étais pas parti en trip professionnel avec un album à écouter, et surtout un album magnifique pour ne pas changer de suite. Là les planètes étaient alignées. Le voyage dans un lieu dépaysant (la Chine et le Tibet) et l’album parfait. En plus je n’avais pas eu le temps de l’écouter avant : première chanson dans l’avion à l’aller.

Alors un grand merci à Jacques et Alice pour m’avoir fait remarquer sa sortie, juste avant de partir.

Oui je connaissais Sage, alias Ambroise Willaume, son précédent et premier album (bien mais pas entièrement génial) et surtout en tant que compositeur et chanteur de Revolver. Pour ceux qui ne connaissent pas c’est français mais c’est de la pop en anglais, mais le genre classe, avec des mélodies ultra accrocheuses et une production pas en reste. Bref de quoi aller boxer dans la catégorie du dessus.

Là on ne parle plus de catégorie. De l’orfèvrerie mélodique, je vous dis.

Ultra accrocheur, on aime à la première écoute, mais aussi ultra fin, ça fait 5 jours que je n’écoute que ça en boucle le plus souvent au casque et j’en redemande.

Bien sur ce qui saute aux yeux, et ce dès le premier titre Most Anything, c’est la simplicité d’une mélodie comme celle de Untitled #2 (pub SFR) ou Leave Me Alone de Revolver. Et il y en a à la pelle des balades de cet acabit : So Real, If You Should Fall, Us Again, Juliette et sa boite à rythme magique ou All I Can Do, ou si Michel Berger faisait une BO de générique de James Bond. Et si on augmente le tempo, on peut parler de No One Sees You Crying et son refrain en disto parfait ou Any Other Time et son bégaiement Phoenixien (et pas que). Mais je dois dire aussi que je suis impressionné par les tentatives de productions actuelles que sont Nothing Left Behind (sur toutes les pubs et vidéos cool de l’année ? à parier !) ou One Way Ticket. Et ça passe en plus, incroyable. Je ne sais pas si elles vieilliront bien mais elles sont mélodiquement parfaites et avec une sonorité on ne peut plus moderne, mainstream et dancefloor tout en étant pop à souhait.

Fallait pas donner le synthé de Major Lazer à un amoureux des Beatles.

Alors c’est sûr ça ne plaira pas à tout le monde, je vois bien l’argument à 2 sesterces « ça ressemble à du Milky Chance ou du Gotye ». Désolé, d’abord j’aime bien, et en plus c’est plus fin et surtout ça fonctionne avec ou sans la prod. En fait c’est un remix ! Sinon, écoutez les autres et voilà !

Si vous comptez bien, je viens de sortir tous les titres de l’album, normal, ils sont tous géniaux.

Qu’est-ce que vous faites encore à me lire, vous n’êtes pas en train de l’écouter ?

Moi je cours chez mon disquaire l’acheter au format physique en rentrant.


Update après écoute du vinyle : le mixage de Nothing Left Behind est assez différent, un peu moins boosté, mais reste toujours un excellent morceau !


mercredi 13 juin 2018

Father John Misty - God's Favorite Customer #fatherjohnmisty


Je n’avais pas trop apprécié le dernier album de Josh Tillman (contrairement au précédent), alias Father John Misty, Pure Comedy, que j’avais trouvé trop acerbe, trop grandiloquent, trop prétentieux et un peu en-dessous niveau mélodique. Bref, je n’avais pas accroché. Ce n’est qu’un avis personnel, plein de gens l’avaient adoré. Et puis il était politiquement très critique et engagé ce qui est plutôt bien.
Un an après, voici un nouvel opus, cette fois plus personnel, plus introspectif, bien meilleur et engagé selon moi. Faut-il forcément être malheureux pour écrire de bonnes chansons ? Vous avez 40 min, et 10 titres.
Car oui, God’s Favorite Customer fait très album de rupture (même s’il n’est pas vraiment établi que dans la vrai vie, Josh Tillman soit vraiment séparé, une chose est sûre, il ne va pas très bien).
Toujours est-il que cet album est le plus sincère qu’il ait fait, exit le cynisme, la belle assurance et la prise de distance, le barbu semble bien touché et ça s’entend. Les mélodies sont cristallines, touchantes, plus épurées, la voix affectée et moins distante. Bref ça sonne vrai et ça m’embarque.
Laissez-vous embarquer par la mélancolie, mais aussi par les mélodies plus enjouées qui font contrepoint et font rentrer de la lumière dans tout ça. C’est cet équilibre fragile qui me plait, et qui d’ailleurs me manquait dans le prétentieux Pure Comedy.
Un grand album donc, pour un énorme artiste.







Otzeki - Binary Childhood #otzeki



Venant tout droit de Londres, voici des petits nouveaux dans la musique électronique tendance calme et émotive.
C’est aéré, voir éthéré, charnel tout en restant électro et les compositions sont bonnes. Pour résumer c’est entre the XX, Moderat et Whomadewho. Donc que du bon.
Ça ne révolutionne rien mais c’est très plaisant, très classe en fait. True Love est superbe, pour moi la meilleure de l’album, suivi de près par Almost Dead et Sun is Rising.

Bonne écoute !

Leon Bridges - Coming Home - Good Thing #leonbridges


 
Et si Sam Cooke n’était pas mort? C’est du moins ce que m’a fait ressentir l’écoute de Leon Bridges.

J’ai découvert en même temps ses 2 albums : Coming Home sorti en 2016 et Good Thing sorti il y a peu. 2 albums, 2 ambiances. Le premier, Coming Home est un album de soul très vintage, il aurait pu être sorti dans les sixties. C’est classique, mais qu’est-ce que c’est bien. La voix est géniale, la production parfaite et les titres géniaux. Comment suis-je passé à côté de ce magnifique album de soul ?
Mais pour son deuxième album Leon Bridges a changé de direction, fini le rétro, place à plus de modernité, à ce qu’il est vraiment. Alors, c’est mieux ou c’est moins bien ? Bonne question, et la réponse est… peut-être bien que oui, peut-être bien que non, n’oubliez pas, je suis Normand.

J’aime les 2, même si à la première écoute, l’académisme du premier album me convenait plus.

La production plus RnB, plus moderne, du deuxième est aussi intéressante. Ça sonne Marvin Gaye (Bet Ain’t Worth the Hand et ses cordes très Motown) ou Al Green (Shy), ça sonne jazzy tendance lounge inspiration St Germain (Bad Bad News), ça peut être très funky, Prince et Michael ne sont pas loin (If It feels Good), voire disco (You Don’t Know), mais aussi rester plus classique, slow jam (Mrs), bref c’est plus hétéroclite.

Bon aller je me mouille, je préfère malgré tout le premier album, le côté plus classique, la voix plus en avant, le côté un peu moins mainstream, et après tout je suis plus Soul que RnB !
Voilà !

Quelques titres du premier album




Quelques titres du second


Gruff Rhys - Babelsberg #gruffrhys



Je n’ai vu qu’une fois en concert Gruff Rhys et c’était vraiment du n’importe quoi ! C’était à la Dynamo, une petite salle toulousaine, il était seul sur scène et s’amusait avec des boucles. Partant de rien (une guitare, un vinyle avec des bruits d’oiseau, sa voix et quelques bidouilleurs de voix), il créait de petites symphonies de poche en live, captivant ! Bien que plus sage, les albums solos de l’ex Super Furry Animals retranscrivaient ce côté bordélique et Do It Youself. J’ai donc été surpris à la première écoute de ce Babelsberg devant la production, devant ses cordes fabuleuses. C’est beaucoup plus pro tout ça ! Et pour cause, Rough Trade, son label, lui a donné carte blanche en compagnie de l’orchestre National du Pays de Galles et de son chef d’orchestre Stephen McNeff. En revanche dans la composition cela reste du pur Gruff Rhys, et on ne va pas s’en plaindre.
Tout l’album est vraiment intéressant, avec des points forts sur Same Old Song, Architecture Of Amnesia , Oh Dear ! et surtout Limited Edition Heart. Mais il y a aussi dans cet album un chef d’œuvre absolu, Take That Call. Du Gruff Rhys pur jus boosté aux Beatles : un refrain enjoué, des couplets lorgnants sévèrement vers Eleanor Rigby, une production fabuleuse. Géniale !

 Bref, un super album, fin, bien produit, un peu fou, politique aussi si on s’intéresse aux paroles (Brexit et Trump dans le collimateur), mélodique et sincère. Bref à écouter absolument !